MARCHÉS LE GRAND EXPORT TIRE LA DEMANDE

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La production de luzerne déshydratée dans l’Union Européenne s’établissait à 2,9 millions de tonnes (Mt)
en 2016. Une production en baisse sensible depuis 10 ans après un pic à près de 5 Mt en 2004. Avec 1,25 Mt produites, l’Espagne est le 1er producteur européen de luzerne déshydratée, auquel il faut ajouter 140 000 tonnes de luzerne séchée soleil – soit un peu plus de 9 % de sa production totale.

En France, 300 000 ha environ sont consacrés à la culture de la luzerne dont 67 000 ha pour la déshydratation.

Quand on ne considère que la luzerne déshydratée, l’Italie est le 3ème producteur européen avec un volume de 710 000 t. Mais il ne faut pas négliger la luzerne séchée soleil de l’ordre de 350 000 tonnes représente près d’un tiers de la luzerne produite. L’Allemagne et les Pays Bas avec respectivement 85 000 t et 76 000 t ont des productions beaucoup plus limitées. En France, 300 000 ha environ sont consacrés à la culture de la luzerne dont 67 000 ha pour la déshydratation. Avec une production 2017 de 810 000 t la France est le 2ème producteur européen. 70% de la luzerne déshydratée produite en France est destinée aux élevages français, et un peu moins d’un tiers est exportée. Une part importante de ces exportations se fait vers les pays limitrophes européens, la Belgique, les Pays Bas, la Suisse et l’Allemagne, qui sont devenus des prolongements naturels du marché français. A noter que les échanges mondiaux de luzerne (essentiellement en balles) sont de 3.5 à 4 millions de tonnes. La luzerne déshydratée est consommée à 75 % par les ruminants, principalement par les bovins viande et lait, et les caprins. Le contexte économique de ces filières, lait et viande, a donc un impact déterminant sur le marché de la luzerne déshydratée.

Depuis plusieurs années un courant d’affaire existe avec les Pays du Maghreb qui importent de la luzerne déshydratée française pour leurs bovins. Et plus récemment, face à une demande de plus en plus croissante de luzerne en balles dans les pays émergents, des ventes se sont développées vers des destinations plus lointaines comme la péninsule arabique et l’extrême – orient. Les pays de la péninsule arabique, producteurs de luzerne irriguée mais confrontés à de très forte restriction d’irrigation, représentent un fort potentiel d’importation de luzerne pour alimenter des troupeaux constitués très importants.

Sans perdre de vue que le « consommateur final » est l’éleveur, la vente de luzerne déshydratée se fait selon trois grands canaux de distribution :

  • des revendeurs en l’état : qui livrent directement chez l’éleveur la luzerne déshydratée « en l’état » ; en balles, en sac, en vrac livrée par camions bennes ou compartimentés permettant des livraisons à partir de quelques tonnes. Les taux d’incorporation dans les rations varient selon l’espèce de 5% à 30%.
  • des fabricants d’aliments : qui broient la luzerne déshydratée, l’incorporent à un aliment de leur fabrication (auquel est ajouté un « prémix ») et reconstituent des granulés (6 mm étant le diamètre le plus fréquemment rencontré). Ce circuit est très majoritaire en aviculture et cuniculture. Les taux d’incorporation vont de 1 à 2% pour les volailles jusqu’à 15% pour les lapins. Les ruminants sont aussi concernés à hauteur de 5 à 20% dans leurs aliments et les chevaux entre 10 à 20%.
  • les fabricants de mash représentent une catégorie particulière des fabricants d’aliments ; en effet leurs aliments sont des mélanges de matières premières en l’état répondant à un désir d’identification par l’éleveur des différentes matières premières constituant l’aliment de ses animaux.

Dans chacun de ces circuits, les intervenants peuvent être privés ou de forme coopérative. Le marché de l’agrofourniture s’est considérablement restructuré pour laisser la place à « des géants » de l’agroalimentaire avec la particularité d’être majoritairement sous forme coopérative.

Les ventes de luzerne peuvent se faire en « spot » ou à « terme ». En spot la luzerne achetée est immédiatement enlevée et livrée à l’éleveur pour être consommée.

En vente « à terme », par exemple sur 3 d’avril – 6 d’avril – 3 de juillet (le chiffre signifiant le nombre de mois à partir de celui mentionné pendant lesquels le contrat pourra se réaliser) : l’acheteur et le vendeur fixent par contrat le prix, le produit et la quantité totale, mais la réalisation physique totale du contrat n’interviendra « qu’au terme » fixé par ce contrat.

Les bassins de consommation de la luzerne déshydratée correspondent aux grandes zones d’élevage français :

  • le croissant laitier Nord-Ouest incluant les Pays de Loire : pour les bovins laitiers et les chèvres
  • le bassin allaitant (Centre – Centre Est) : pour les bovins allaitants
  • le Sud Ouest (Pays Basque, Aveyron notamment) pour les petits ruminants (caprins et ovins)
  • complétées par les zones d’« Appellation d’Origine Protégée » où des cahiers des charges interdisent les OGM.

La luzerne déshydratée est déclinée selon les besoins spécifiques de ses débouchés. L’amélioration constante des techniques de déshydratation et de stockage a permis la diversification des qualités proposées et ouvre ainsi la consommation de la luzerne à toutes les espèces animales. Sont ainsi proposées sur le marché, des luzernes déshydratées dont les taux de protéines et les compositions sont adaptées en fonction des espèces et des utilisations. Les produits font l’objet de formulations spécifiques qui répondent aux besoins de marchés particuliers comme le lapin ou celui du cheval (avec test négatif sur la recherche de Substances Naturelles Alimentaires Prohibées – SNAP : morphine, caféine, théobromine…).

Les présentations sont également spécialement adaptées aux différentes espèces : les granulés de 6 à 10 mm, des balles de fibres pour réaliser un apport de fibre physique.

Spécialement élaborée pour les ruminants en production laitière, à la fois apport de protéines et de fibres, la luzerne brins longs en balles positionne la luzerne déshydratée sur un marché de haute technicité en fort développement. Les ventes de balles ont fortement progressé au cours des années 2000 et représentent aujourd’hui 30% de l’offre. La demande de luzerne fibres en balles est en fort développement tant sur le marché national qu’à l’export. A l’origine déficitaire au début des années 2000, la production de luzerne déshydratée Bio s’est fortement développée vers 2010 pour aboutir à une offre excédentaire que le développement des production animales Bio en France a tari pour se retrouver à nouveau dans une situation de déficit. Le recours à l’importation de produits italiens reste encore nécessaire pour couvrir l’ensemble de la demande Bio nationale. L’offre s’est élargie puisque sont dorénavant disponibles sur le marché, la luzerne bio en granulés mais aussi en balles.

Produit en quantité limitée, seules deux usines ont les capacités de le produire (via un process complexe passant par une phase jus de luzerne) ce concentré (appelé encore Extrait Concentré de Luzerne) qui titre plus de 50% de protéines, est particulièrement destiné au marché avicole, pour sa richesse en pigments caroténoïdes.

Par ailleurs sa teneur élevée en chlorophylle en fait une matière première de choix pour les aliments Pet Food et la production d’extraits naturels de pigments. Riche en acides gras Oméga 3,le concentré de luzerne est valorisé en ruminants et en pondeuse à travers des filières sous cahier des charges.

FRANCE : BILAN DES MATIÈRES RICHES EN PROTÉINES (> 15 % PROTÉINES) EN ALIMENTATION ANIMALE

UE : BILAN DES MATIÈRES RICHES EN PROTÉINES (UE À 12 JUSQU’EN 1993/94, À 15 EN 2003/04 PUIS À 28)