EAU POTABLE : LA LUZERNE EST UNE DES SOLUTIONS

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La luzerne est la meilleure amie de l’eau.

POURQUOI ?

  • D’abord, sous nos climats tempérés, elle n’en consomme pas sous forme d’irrigation. Il n’y a donc pas de prélèvements au détriment éventuel d’autres usages. Grâce à son puisant système racinaire elle est capable de pomper l’eau en profondeur, notamment celle qui est piégée dans les sous-sols de craie de la région Champagne. C’est d’ailleurs pour cette raison que la luzerne est très résistante à la sécheresse car elle saura trouver son alimentation hydrique là ou une graminée par exemple échouera en conditions limitantes,
  • Ne recevant pas d’engrais azotés à aucun moment de sa culture, il n’y a aucun risque de lessivage suite à un apport,
  • En cas de présence résiduelle d’azote dans le sol ou en raison d’apport d’azote organique, la plante va privilégier ce mode d’alimentation azoté en stoppant son mécanisme de fixation symbiotique,
  • Les restitutions d’azote après retournement s’effectuent sur 18 mois. Une implantation rapide de la prochaine culture ou d’un couvert hivernal suffit à éviter tout relargage brutal. En effet, contrairement à une idée reçue, l’incorporation de l’azote présent dans les racines et les collets (parties aériennes non récoltées) provoque d’abord une organisation de l’azote minéral du sol par les micro-organismes avant d’être progressivement reminéralisé, notamment au printemps suivant.

La restauration de la qualité de l’eau est une cause nationale; la luzerne peut y contribuer.

  • En matière de pesticides, la rusticité de la plante et les pratiques inventoriées et mesurées chaque année par les services agronomiques de la profession éliminent pratiquement tout risque de pollution.

Une enquête menée chaque année sur plus de 1000 parcelles montre que les traitements phytosanitaires sont très réduits. La plupart des parcelles sont désherbées à l’implantation (70%) mais seules une sur deux sont désherbées à l’automne. Soit moins d’un herbicide par an en moyenne sur les 3 à 4 années de la culture. Aucun fongicide n’est homologué sur luzerne, quant aux insecticides seules 35% des parcelles sont traitées à l’implantation, aucun insecticide ou presque (1% des parcelles) n’étant appliqué en deuxième et troisième année d’exploitation.

Toutes ces raisons font de la luzerne la plante cultivée, productive et utile à l’économie alimentaire la plus protectrice de la qualité de l’eau potable. Des effets attestés par des études scientifiques comme celle conduite à Chalons par l’Institut National de la Recherche Agronomique Chalons en Champagne. Celle-ci a mesuré l’impact de l’introduction d’une culture de luzerne dans un assolement blé-betterave sur la concentration en nitrate de l’eau drainée durant 11 années. Cette teneur passe de 25,5 mg N-NO3-/L ( 113 mg NO3-/L) en première année à 5,8 mg N-NO3-/L (soit 26 mg NO3-/L) après introduction de la luzerne dans la rotation soit une diminution de 80%.

Par ailleurs, la société des Eaux de Vittel a mis au point, avec l’Inra, des assolements à base de luzerne afin de protéger efficacement et dans la durée son bassin de captage. Ce dispositif fonctionne avec succès depuis 1989. Si cette expérience n’est pas reproductible en raison de la haute valeur de l’eau de Vittel par rapport à la valeur de l’eau de réseau, elle est par contre très signifiante et démonstrative. La conservation au moins là ou elle se trouve mais aussi le développement raisonné de la culture de luzerne permettrait donc de diminuer les coûts de la non qualité de l’eau. Le ministère de l’Ecologie* évaluait ces dépenses supplémentaires liées aux excédents d’azote et de produits phytosanitaires dans une fourchette comprise entre 1 et 1,5 milliard d’euros dont 0,6 à 1,1 milliard d’euros répercutés sur la facture d’eau, représentant entre 7 et 12 % de cette facture en moyenne nationale. Pour les ménage des localités les plus polluées, ces dépenses supplémentaires pourraient atteindre 494 euros/ménage ou 215
euros/personne soit un surcoût de 140% de la facture d’eau moyenne. Quant aux dépenses des collectivités liées à l’eutrophisation, elles sont estimées entre 100 et 150 millions d’euros.