CHINE : UN BESOIN DE 5 MILLIONS DE TONNES À L’HORIZON 2020

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En 2010, le gouvernement chinois a commencé à installer un programme national de relance de la luzerne pour soutenir l’industrie laitière. Depuis 2014, 401 entreprises et coopératives ont bénéficié de subventions de l’Etat à travers ce programme. Les surfaces mises en culture grâce à ces aides ont atteint 132 000 hectares.

La production de luzerne «commerciale» a atteint 1.5 million de tonnes parmi lesquels 1 million de tonnes de balles brins longs.

Le programme de vulgarisation dans tout le pays a permis de porter les surfaces totales à 264 000 hectares. En raison de tous ces efforts la production de luzerne «commerciale» a atteint 1.5 million de tonnes parmi lesquels 1 million de tonnes de balles brins longs sont d’une qualité garantie au standard du marché. La productivité et la fluidité du marché de la luzerne doivent encore s’améliorer pour mieux satisfaire les besoins d’une industrie laitière très exigeante.
Aujourd’hui il ya trois différentes façons de cultiver la luzerne en Chine. La première est la culture en autarcie sur de petites surfaces et destinée à l’autoconsommation. La deuxième manière de cultiver de la luzerne a un but écologique de revégétalisation. Et enfin, la culture à des fins commerciales.

Plutôt dans le nord du pays

Les principales entreprises de déshydratation sont situées dans les provinces de Gansu, Heilongjiang Jilin, Hebei, et dans les régions autonomes de Mongolie, Ningxia Hui et Xinjiang Uyghur. Les provinces de Liaoning, Shaanxi, Shanxi, Henan, Shandong et Anhui en produisent également. En outre, plus de 4000 hectares de luzerne auparavant destinée à l’autoconsommation et à un usage écologique sont désormais transformés en pellets et balles avec des procédés de déshydratation simplifiés.

Entre 1992 et 2007, les importations chinoises de luzerne, essentiellement en brins longs, ont été relativement stables avec une quantité totale de 1,192 millions de tonnes sur la période au prix moyen de 275 $ la tonne. Après la crise et le scandale de «Sanlu» en 2008 (de la mélamine dans la poudre de lait infantile), les importations de luzerne ont augmenté régulièrement d’année en année. En 2013, elles ont atteint 750 000 t pour une valeur de 300 million $, en augmentation de 70.89% sur l’année précédente. Dans la même année 2013, environ 800 000 t de luzerne domestique ont été mises sur le marché.

En 2014, la Chine importait 900 000 tonnes de pays tiers en progression de 20%. Les principales zones d’approvisionnement sont toujours les Etats-Unis principalement et l’Espagne dans une moindre mesure. Les projections d’importations pour 2015 sont du même niveau que celles de 2013 et 2014, entre 800 000 et 900 000 tonnes. Par ailleurs de nouveaux pays fournisseurs ont été identifiés. Ainsi la Bulgarie, le Canada et l’Allemagne expédient aujourd’hui sur la Chine. A l’avenir de la luzerne en provenance d’Argentine et d’autres pays entrera sur le marché chinois.

En tant que source de protéines dans la ration quotidienne des vaches laitières, la luzerne joue un rôle important dans la santé et la sécurité sanitaire de la filière laitière. Dans ce cas il est impératif d’inscrire le développement de l’industrie de la luzerne en tête d’agenda des décideurs publics. En tout premier lieu, les connaissances techniques et scientifiques sur cette industrie sont un pré-requis. L’innovation technologique sera le carburant pour animer cette industrie. Dans un second temps ce sont des semences de qualité et adaptées aux différentes régions qui doivent être sélectionnées et en quantité suffisante. Pour promouvoir la sélection il faut encourager les semenciers à rejoindre le pool de recherche génétique, accélérer l’introduction de nouveau matériel génétique, utiliser le matériel existant de manière innovante, et développer l’industrie semencière de manière générale.

En troisième position, la productivité de tous les maillons de la filière doit être améliorée. Créer des classes de qualité sont des bons exemples de l’amélioration de la qualité et des quantités produites. Mais, le consommateur a le dernier mot. Il faut donc mieux intégrer les acteurs de la filière laitière dans les schémas de décision. Des produits différenciés correspondant aux différents besoins et stades de production des troupeaux doivent être créés.

L’industrie chinoise de la luzerne est à une nouvelle étape de son développement. Avec l’aide de politiques publiques, le développement de la science et des technologies, et l’implication d’entreprises, la filière a progressé comme jamais. Dans les 5 prochaines années, la demande chinoise devrait atteindre 5 millions de tonnes.
Il faudra donc trouver 3 millions de tonnes supplémentaires puisque le pays produit 1 million de tonnes et en importe déjà un autre million. Autrement dit la filière domestique ne permet aujourd’hui de couvrir que 40 à 50% des futurs besoins.