CH4 – RÉDUIRE LES ÉMISSIONS DE MÉTHANE

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En France, l’agriculture émet 21% des gaz à effet de serre totaux. Elle doit donc contribuer, à sa mesure, aux efforts de réduction des émissions. Le méthane est l’un des plus important gaz responsable du réchauffement climatique puisque son pouvoir réchauffant à 20 ans est 56 fois plus élevé que celui du CO2. Et, dans nos contrées, c’est l’agriculture qui est l’auteur de l’essentiel des émissions de méthane, majoritairement sous forme de méthane entérique issu des fermentations anaérobies du tube digestif des animaux.

En clair leurs rots, résultats du processus naturel de fermentation microbienne pendant la digestion. Dans ce contexte les producteurs de luzerne ont souhaité connaître l’effet de ce fourrage sur le comportement physiologique des ruminants et donc notamment sur leurs émissions de méthane entérique. Une étude a été menée dans ce sens par la ferme expérimentale d’AgroParisTech de Grignon (78) en 2013.

Précisément, l’objectif de cet essai était d’observer l’impact de la structure des parois des légumineuses fourragères, en l’occurrence la luzerne, sur les émissions de CH4 entériques des vaches laitières, comparativement aux graminées fourragères.

Les performances zootechniques ont également été mesurées car il ne doit pas y avoir de dégradation de la production de lait, en quantité comme en qualité. Pratiquement 2 lots de 6 vaches laitières ont reçu l’un une ration alimentaire incluant de l’ensilage de graminées et l’autre une ration avec de l’enrubannage de luzerne.

On a mesuré pour les 12 vaches individuellement : les émissions de méthane brutes, les niveaux d’ingestion et de production laitière, la qualité laitière ainsi que l’évolution des poids vifs.

RÉPARTITION PAR SOURCE DES ÉMISSIONS DE GES2 EN FRANCE EN 2013

Les résultats relatifs au CH4 montrent que la luzerne enrubannée a permis de réduire sensiblement les émissions puisque le niveau d’émission brute est en effet passé de 450 gr par vache et par jour pour les vaches nourries avec de l’herbe à 418 gr par vache et par jour pour les vaches nourries avec de la luzerne soit une baisse de 7% statistiquement significative qui atteint 10% si on la rapporte à la quantité de nourriture ingérée. Cette quantité de CH4 émise est également significativement réduite si on la rapporte à la quantité de lait produite, soit 1,2 gr de CH4 émis en moins par litre de lait.

Avec cette étude la luzerne apporte la preuve d’une aménité environnementale supplémentaire concernant la lutte contre l’effet de serre et le réchauffement climatique.
Si l’apport de luzerne était généralisé dans les rations des 3,5 millions de vaches laitières françaises ce serait 51 000 tonnes de méthane entérique évitées à rapprocher des 1 456 000 tonnes de méthane entérique émises en France tous ruminants confondus.