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La Luzerne est menacée.Tenez-vous informés !
Les autres méthodes
Pour le foin le risque de pertes est au champ
Plus encore que les deux précédents modes de récolte, le savoir-faire est essentiel à la réussite de la récolte du foin de luzerne. Les pertes au champ peuvent aller jusqu’à plus de 30% du rendement initial quand les interventions de récolte ne sont pas maîtrisées. Ce sont les feuilles, deux à trois fois plus riches que les tiges, qui occasionnent le plus de pertes en se desséchant 1.5 à 2 fois plus vite que les tiges.

Pour le fauchage, il est conseillé d’intervenir après la rosée de façon à optimiser le séchage le 1er jour. La faucheuse conditionneuse à rouleaux qui écrasent et plient les tiges pour une meilleure dessiccation est la faucheuse idéale pour les légumineuses.

Il est déconseillé d’utiliser une conditionneuse à fléaux, « véritables effeuilleuses » pour les feuilles de luzerne. On préfèrera une faucheuse à disques classique, qui étale plus largement l’andain et économise en plus un premier fanage aussitôt après la fauche pour amener le fourrage de 15 à 35-45 % de MS.
Le fanage et l’andainage sont les interventions les plus délicates avec des risques de pertes importantes. Ne jamais intervenir en pleine chaleur mais impérativement pendant la rosée. Les fenêtres d’intervention sont parfois limitées à 1 à 2 h en fonction des conditions météo. Aussi, les faneurs et andaineurs de grande largeur sont à privilégier pour augmenter les débits de chantier.

Le fanage se raisonne en fonction de la quantité de fourrage à récolter. Il est souvent inutile en 3ème et 4ème coupe si la faucheuse a pu étaler l’andain. Le foin de luzerne ne doit pas « voler » en l’air, mais il doit être simplement remué et ne pas être plaqué au sol après le passage de la faneuse. Dans l’idéal, il faudrait baisser la vitesse d’entraînement de la faneuse à la prise de force à moins de 300tr/min.
Des mesures de qualité de fourrage sur de la luzerne effectuées par ARVALIS - Institut du végétal dans le cadre d’un essai mené dans l’Aveyron en 2012 par le pool machinisme Midi-Pyrénées et coordonné par les CUMA de Midi Pyrénées ont montré la préservation de plus d’un point de matière azotée totale (protéines) par la simple baisse de la vitesse de rotation destoupies de 100tr/min et en ajustant la vitesse d’avancement du tracteur.

L’andainage (voire un pré-andainage quand le rendement est conséquent) doit se faire idéalement à environ 50 % à 60 % de MS pour atteindre les 80-85 % de MS qui autorisent une conservation en foin sans risques. Là aussi, il est impératif d’intervenir le matin dans la rosée et de créer des andains aérés pour terminer le séchage. Le pressage se fera le matin après la rosée ou tard le soir à la reprise d’humidité. Les pertes sont les plus faibles en récoltant de gros andains avec les presses à balles rondes à chambre variable ; le temps de rotation dans la chambre est alors limité.
Le liage filet est indispensable pour ne pas gâcher toutes les précautions mises en oeuvre en amont pour récolter du fourrage de haute qualité.