EDITORIAL

EN ORDRE DE MARCHE

En cette fin d’année 2018, toutes les planètes semblent alignées pour la filière luzerne déshydratée. La demande est soutenue. Le déficit français et européen en protéines végétales est toujours aussi important. Il a même tendance à s’aggraver en France. A l’international l’arrivée de nouveaux pays importateurs au Moyen Orient et l’appétit toujours démesuré de la Chine sont des tendances structurelles. Certes une demande soutenue ne fait pas toujours des prix élevés, tant les autres facteurs de formation des prix sont nombreux et parfois aléatoires. Mais la tendance est là. Et pour longtemps encore.

La rentabilité relative est bonne. En système céréalier comme en élevage, la marge brute comparée de la luzerne déshydratée avec les autres cultures de l’assolement est redevenue intéressante pour les producteurs. Les études des centres de gestion le démontrent désormais année après année. L’environnement s’affirme jour après jour comme une donnée majeure des modes de production et de consommation. Pour la luzerne, c’est une opportunité et un défi. Une opportunité en raison des formidables prédispositions naturelles de cette légumineuse pluriannuelle. Un défi car la luzerne doit continuer à faire fructifier ses atouts. Pour garder son avance et pour pouvoir justifier à l’avenir de compensations financières méritées.

Les process de déshydratation s’améliorent en continu. Ce qu’on appelle l’analyse du cycle de vie, de la culture jusqu’à sa consommation par les animaux, démontre que la luzerne déshydratée stocke plus de carbone qu’elle n’en émet.

C’est dans ce contexte que la profession a élaboré son plan de filière. Elle entend profiter de cette conjonction de facteurs favorables et ambitionne des investissements très importants pour répondre aux besoins des marchés européens et internationaux. Alors bonne lecture de cet ouvrage de référence.

Eric Guillemot
Directeur de COOP de FRANCE Deshydratation